Coupe du Monde FIFA: "l'autre côté du miroir"

Saturday, June 24, 2006

Préambule : Allemagne à la folie


En arrivant à la gare de Bad Pyrmont sur les coups de midi, je me suis demandé si le soleil, ne me tapait pas trop sur la tête. Non pas que j’ai trop fêté la qualification des Bleus mais plutôt que je n’arrivait trop à croire ce que je voyais. Je replace le contexte. Bad Pyrmont est une petite bourgade de 10.000 habitants située à 60 km au sud d’Hanovre. D’habitude quand je prends le train c’est plutôt trois pelés, deux tondus que je croise sur le quai. Mais cette fois, surprise ! Une trentaine de jeunes Allemands étaient vêtus de la tête aux pieds au couleur de la Mannschaft (c’est le nom de leur équipe nationale). Intrigué par mon accréditation l’un d’entre eux entame la conversation et m‘offre une bière… car ils sont tous avec leur pack de bière… hommes et femmes. Et il ne s'agit pas d'une exception. Tout au long du chemin la scène se reproduit, si bien que le train régional habituellement si vide affiche rapidement complet. A l’intérieur, j’ai l’impression que les Allemands ont déjà gagné la coupe du monde. Ils chantent, ils crient, sifflent… mais une question me vient à l’esprit. Ce n’est pas à Hanovre que l’Allemagne affronte l’Equateur, c’est plutôt à 700 km au sud à Munich. Alors que font-ils ? Ils vont tout simplement à la Fan Fest, assister à la rencontre sur écran géant. Le journal local annonce plus de 30 000 personnes soit le tiers de la population de la ville. Vous y croyez ? Moi toujours pas. J’ai du mal à ouvrir les yeux lorsque dans la gare centrale, une marré humaine se dirige vers le centre ville. Ce dernier bouillonne. Je n’ai pas le temps de m’attarder car ma correspondance pour Leipzig n’est que d’une demi heure mais çà me donne suffisamment de temps pour comprendre que toute l’Allemagne vibre pour son équipe. Alors qu’en 1998, il a fallu attendre les quarts de finale, un certain France – Italie pour voir le pays s’intéresser aux Bleus, ici dès le premier match les Allemands sont de la partie. D’ailleurs je crois que je vais leur dédier prochainement un billet pour tenter de vous décrire ce que je vis ici.

Me voilà tout juste à Leipzig où là encore c’est la folie. La ville est comme arrêtée, les gens sont tous devant la télé. Quelques supporters mexicains et argentins tentent de montrer qu’ils sont présents. Mais rien à faire, le pays à les yeux rivés devant sa télé. Alors que la rencontre est tout près de s’achever, je file trouver un spot wifi dans un café internet pour envoyer ce petit mot, car ces Allemands, je pense qu’ils n’ont pas fini de nous étonner.

Deutschalnd uber alles ?

La force est en eux



Merci pour ces 96 heures de rab... et de rêve. ALors RDV mardi contre l'Espagne d'ici là c'est une nouvelle compétition qui s'ouvre... avec 4 matchs en 4 jours oui ... j'ai donc été reçu 4 sur 4 par la FIFA pour ce round of 16 comme le disent si bien nos voisins d'outre-Manche.
L'occasion de visiter l'Allemagne en long, en large et en travers puisque les 4 rencontres sont quasiment aux 4 coins cardinaux du pays :
  • Samedi : Argentine - Mexique à Leipzig (Est) 500 km / 5 h de train
  • Dim : Angleterre - Equateur à Stuttgart (Sud Est) 800 km / 7 h de train
  • Lundi : Italie - Ghana à Kaiserslautern (Nord Est) 400 km / 4 h de train
  • Mardi : France - Espagne à Hannovre (Centre - Nord) 500 km / 5 h de train





Friday, June 23, 2006

Le maître brésilien donne la leçon à son disciple japonais

Pour cette dernière journée des poules éliminatoires (oui ce vendredi la France joue un seizième de finale contre le Togo), rendez-vous a été pris avec le Brésil. Et pourquoi pas avant ? Tout simplement parce que les favoris de ce mondial ne me font pas rêver. Loin de là. Et ce n’est pas la rencontre d’hier qui me donnera tort. L’ampleur du score ne reflète pas la physionomie du match. Plutôt que d'évoquer ce qui c'est passé sur le terrain revenons un peu sur les liens noués entre les Japonais et Brésiliens pour mieux comprendre cette passion qui les unis. Gauthier Hoym et Martin Mosnier qui couvrent le mondial pour Libé m'ont d'ailleurs facilité la tâche puisqu'ils ont sorti un excellent papier sur le sujet. En voici les meilleurs moments (pour ma part je me contente de cotinuer mon 'tit album photo du mondial) :


Bien plus qu'un match de football hier c'était la rencontre entre le pays du soleil levant et son mythe. D'abord le peuble japonais découvre le ballon rond à travers les exploits de Pelé devant son petit écran. Cette fascination a des origines historiques puisqu'au 19è s. une diaspora nippone s'est installée au Brésil.

Vous souvenez-vous de la serie télé Olive et Tom ? Ce manga (Captain Tsubasa dans sa version originale) témoigne de toute la fascination nippone pour le Brésil. Olive Atton ne rêve-t-il pas de rejoindre le Brésil de son mentor Roberto. Lui, c'est l'ancienne star brésilienne venue enseigner son art aux petits Japonais. Hélas le feuilleton n'est pas forcement en phase avec la réalité du terrain. Dans les années 80, le championnat brésilien déprime et devient un réservoir de main-d'oeuvre pas chère et ultraqualifiée pour les clubs européens.


Dans les années 90, au début de la J. League, le championnat professionnel japonais, le premier réflexe des clubs est d'attirer à grands flots de dollars les stars, parfois vieillissantes, du football brésilien. Dunga, Bebeto, Jorginho, Careca, Zico ou Leonardo. A cette époque, le niveau du championnat était tellement faible qu'ils se baladaient, véhiculant ainsi l'image mythique du footballeur carioca. Comme en Corée, les femmes sont particulièrement nombreuses dans les tribunes. Pour elles, la beauté des joueurs est primordiale. C'est donc tout naturellemet que les Nippons offrent les clés de leur propre football aux maîtres Brésiliens que sont Falcão puis Zico. Plusieurs brésiliens ont même été naturalisés pour être intégrés à la sélection nationale.
Mais pour les japonais, le vent tourne et dans Tsubasa Road to 2002 la nouvelle version d'Olive & Tom sortie en 2002. Tsubasa quitte le Brésil pour l'Europe et le FC Barcelone. Le saint Graal ne se trouve plus au Brésil mais en Europe. Dans un autre manga, Hungry Heart Wild Striker, le héros rejoint l'Ajax Amsterdam et son frère le Milan AC. Fiction et réalité se confondent puisque les footballeurs japonais commencent à enflammer les stades des différents championnats européens.

Thursday, June 22, 2006

Quand les images en disent bien plus que des mots


Ce devait être l’Affiche de ces poules. Doublement victorieuses de la Côte d’Ivoire et de la Serbie Monténégro, l’Argentine et la Hollande se rencontraient à Francfort dans un match qui n’a comme enjeu que la première place du groupe C. Les deux coachs ayant choisi de laisser la plupart de leurs titulaires sur le banc, c’est non pas une mais deux équipes bis qui se sont affrontées dans un match de préparation aux huitièmes de finale. Malgré les venues en masses des supporters des deux camps, l’atmosphère en ville est restée bon enfant. Bien mais sans plus.

La piètre ambiance dans les gradins contrastait avec celle d’Angleterre-Suède. A un moment donné, je me suis demandé si je n’aurais pas été mieux dans les rues de Paris pour la fête de la musique. Ce moment n’a pas duré très longtemps, le jeu des argentins me faisant frissonner. Et puis, je commence à m’habituer à passer la nuit dans le train, à rentrer au petit matin à l’hôtel, à prendre le petit déjeuner pour aller ensuite dormir quelques heures. C’est aussi çà la coupe du monde. Pour rester fidèle à l’état d’esprit de la rencontre, je vais moi aussi économiser mes forces en attendant ce soir un Brésil–Japon dans mon stade préféré, celui de Dortmunt. Alors voila quelques images de la journée... à vous d'imaginer les commentaires qui vont avec !

Clin d’œil du jour : Diego avec Platini…

Programme du week-end : samedi 21h pour Mexico–Argentine (à Leipzig, oui j’ai un faible pour l’architecture est allemande) et dimanche à 17 h Angleterre–Equateur (à Stuttgart… histoire d’aller visiter le nouveau musée Mercedes).

Tuesday, June 20, 2006

Voyage jusqu'au bout de la nuit ...

Hier soir à Cologne la plupart des fans anglais n’étaient pas dans le stade mais dans les pubs. En effet, la FIFA ne distribue «que» 5000 billets aux supporters, le reste étant vendu au public pour une partie ou aux sponsors pour l’équivalent du tiers de la capacité du stade. Jamais la France ne s’est offusquée d’une telle répartition et pour cause les fans sont aux abonnés absents. Arrêtez de me dire que c’est à cause de la piètre qualité du jeu offert par l’équipe de France car l’argument ne passe pas. Nous ne sommes pas une nation de football qu’on se le dise. 1998 n’était qu’un épiphénomène, une erreur. Alors, prenons une leçon de football. C’est pas Jeff qui va me contredire, lui qui passe plus de temps à regarder le foot anglais sur TPS que la Ligue 1 sur C+.

J’ai donc passé l’après midi en compagnie des fans anglais, des «vieux males grisonnants» pour la plupart et quelques familles ici et là. Pas besoin de les chercher pour les trouver : ils sont partout. Sur n’importe quelle terrasse de café les Anglais sont aux avants poste. Parfois ils en ont profité pour redécorer les lieux avec cette fameuse croix de Saint James. Comme à la maison en somme. Je me dirige vers la «Fan Fest» histoire de goûter l’ambiance. L’équipe d’Allemagne jouant son dernier match, je m’attends à voir cohabiter Anglais, Suédois et locaux. Il n’en est rien : les rosbifs sont partout. Dans le RheinPark grand de plusieurs hectares, la Fan Fest affiche déjà complet. En d’autres mots cela veut dire que dès 17 h il est impossible d’accéder à l’écran géant et donc d’assister à la rencontre. Des dizaines de milliers de lions britanniques y ont élu domicile. Je marche un peu de l’autre côté du Rhin puis m’arrête prendre une bière dans un café entre la cathédrale et la gare, l’occasion rêvée pour échanger avec des fans… des vrais. Déjà éméché, l’un d’entre eux arbore un T-Shirt «Tickets for supporters not for sponsor». Joe regarde ma liasse de billets de match et me demande si je peux lui vendre une place pour ce soir. Il a l’âge de mon père. Joe est membre du club des supporters depuis vingt ans. Il n’a jamais raté de compétition internationale de son équipe. Il m’explique comment les 5000 billets ont été attribués. Un système de points récompensant les fans les plus assidus a été mis en œuvre, plus vous voyagez loin plus le match vous rapporte de point. Pour être de la partie, j’ai cru comprendre qu’il fallait avoir déjà vu plus de 15 fois son équipe nationale au cours des 2 dernières années. Le reste de l’année, Joe supporte une équipe de 3ème division, ça non plus ça n’existe pas en France. Déjà que les supporters de clubs de L1 comme Le Mans, Sedan, Auxerre ne sont pas légion. Sérieusement connaissez-vous seulement un supporter d’un club de national du genre Vichy ou Calais. Pas moi. Bref je me repète toujours mais cette fois ci c’est vraiment ENORME. Ce sont des gens qui ne vivent que par et pour le football. Je ne connais qu’une personne en France qui est comme çà : c’est mon pote Jeff. C’est d’ailleurs lui qui m’a initié au foot en m’entrainant au Parc des Princes quand j’étais au collège. Alors si je suis ici ce soir c’est un peu grâce à lui.

Dans la ville on trouve des fans sur qui l’équipe de France rêverait de s’appuyer vendredi. D’ailleurs, pourquoi ne pas leur offrir des billets pour le prochain 8ème de finale de l’équipe de France (si, si, je vous le dis, ils vont se qualifier vendredi). Certains anglais auraient aimé boycotter une rencontre afin de faire prendre conscience de ce phénomène, rassurez-vous, purement anglais… La patrie du ballon rond ne fait pas rêver que les annonceurs. D’après le tabloïd allemand Bild, il étaient plus de 100 000 à Cologne alors que le stade ne peut contenir plus de 40 000 personnes. Crazy isn’t it ?

Les Suédois ne sont pas en reste. Ils sont entre 7 et 8000 dans le stade et certainement beaucoup plus en dehors. Si les Anglais sont prêt à mettre 5000 euros, je dis bien cinq mille euros pour assister à la rencontre, les Suédois sont pas aussi fou. Comme à Berlin, les Suédois se sont rassemblés dans le centre ville et partent ensemble en cortège au stade. Imaginez une manifestation de 3000 personnes et bien c’était çà sur 1 kilomètre, la circulation arrêtée, des confettis de partout et des fans chantant à tue tête. C’était çà… enfin vu du tram.
Dans le stade, l’ambiance est différente : les VIP sont là. La sécurité est tatillonne. Je suis presque en retard.

A peine entré sur la pelouse que les premiers «Enge-land» ne se font entendre alors que les joueurs regagnent les vestiaires après l’échauffement. Pour donner le ton. Alors que les Suédois répondent par un puissant «Sverige», les anglais mettent tout le monde d’accord lors de l’hymne national : «God Save the Queen». Je n’ai jamais rien entendu de pareil de ma vie. Pourtant j’étais à Wembley lors d’Angleterre–France en 2000 au Portugal en 2002 pour Angleterre-France mais je n’ai rien entendu de pareil. Je l’ai d’ailleurs enregistré sur mon téléphone mobile… si çà continue je vais le mettre en sonnerie d’appel. Je vous épargne comme toujours les détails du match. Cette fois-ci en direction de la «Press Conference» je retrouve non seulement Gérard Houiller mais aussi Arsène Wenger, l’entraineur d’Arsenal tous deux consultants sur la TFNain. J’en profite pour compléter mon album photo ;-). Mon train n’étant qu’à 2 h du matin, j’ai le temps d’aller prendre un verre dans un pub pas trop loin de la gare. 7 h me voilà enfin de retour à l’hôtel. Quelques heures de sommeil avant un départ pour Francfort avec au programme un Argentine–Hollande qui s’annonce tout simplement savoureux.





Programme des 8èmes de Finale : à votre avis je fais quoi ?

Les inscriptions pour les huitièmes de finale vont bientôt commencer sur le Fifa Media Channel.
Je ne sais pas à combien de rencontres je vais pouvoir assister mais étant libéré de toute obligation (mon contrat s’arrête vendredi à la fin du premier tour) , je suis enfin en mesure d’aller voir n’importe quelle rencontre, si du moins j'arrive à avoir une place. Aidez moi à choisir un peu ?


Question 1 : Postuler à combien de match (sachant qu’il n’est possible que d’assiter à une rencontre par jour) : 0, 1, 2, 3 ou 4

Question 2 : Samedi ce sera plutôt Leipzig ou Munich sachant que dans les 2 cas je passe la nuit dans le train. Qui aller voir ? Allemagne, Argentine, Holl, England ?

Question 3 : Dimanche : Nuremberg ou Stuttgart sachant que là aussi dans les 2 cas je passe la nuit dans le train ? Equipes possibles : Angleterre, Suède, Portugal

Question 4 : Lundi 26 OBLIGATOIREMENT Cologne si la France fini 2ème du groupe H… sinon Kaiserslautern (Italie – Croatie / Australie)

Question 5 : Mardi 26 (là encore ce n’est pas une question : Hanovre si les bleus finissent en tête du groupe sinon Dortmund pour voir encore le Brésil ;-)

A vous de répondre sur la partie commentaires prévue à cet effet !

Monday, June 19, 2006

Mixed Zone Press : comment cela se passe-t-il ?

Je vous vois déjà en train de vous demander ce que je vais bien pouvoir vous raconter au sujet de la fameuse zone mixte. Tout simplement son fonctionnement, ses codes, us et coutumes. A l’occasion de ce Suisse – Togo, j’ai rangé l’appareil photo pour prêter main forte à mes collègues de But ! qui s’étaient couchés à 4 h du matin à Leipzig. Il était donc prévu que je prenne le relais en allant "superviser" les éperviers africains face à la Suisse.

Qui eut cru que ce Suisse - Togo ressemblerait à une finale de coupe du monde ? Dans un stade de Dortmund où j’ai vu il y a quelques jours s’affronter l’Allemagne et la Pologne, les Helvètes ont fait encore plus fort. Un raz de marée rouge, mieux qu’à la maison puisque la Suisse ne dispose pas de stade aussi grand que celui-ci (65 000 places). Pourtant au départ je n'étais pas très motivé à l’idée de me lever à 9h, faire encore 3 h de train pour une telle affiche. Mais au final je ne suis pas déçu, si on met de côté la pluie et l’humidité.


Çà m’a fait tout drôle, je suis allé faire un tour dans la tribune helvète à la mi temps car l’ambiance y était explosive. J’avoue ne pas avoir trop compris leurs chants : « hop hop schweiz » ou « Allez la suisse » étant les seuls que j’ai pu retenir. Sur le 2nd but, j’ai bien cru devenir sourd entre les cornes de brumes, les cloches des vaches (si, si), les sifflets… un vacarme. A la fin de la rencontre, les Suisses se sont offert un tour d’honneur. Et oui pour eux battre le Togo c’est un peu comme gagner la coupe du monde. Je plaisante bien sûr car je connais une petite Suisse qui va me tuer si je continue ainsi, n’est ce pas Anna ? Fin de la récréation, back to work.


A la fin du match, la Fifa a scénarisé toute la communication. Ainsi, l’entraineur s’exprime devant la caméra du diffuseur national puis répond à quelques questions des radios détentrices de droits (c’est TF1/M6/C+ & RMC en France). Après un passage dans les vestiaires, l’entraineur arrive en salle de presse pour répondre aux questions d’une cinquantaine de journalistes triés sur le volet. La conférence s’adresse principalement à la presse écrire. Elle dure entre 5 et 8 minutes pendant lesquelles le coach répond à une dizaine de questions. N’importe qui a le droit de s’exprimer, il suffit de se présenter puis de parler en anglais, français, allemand ou espagnol… le tout étant traduit. En réalité s’est un peu nul et comme l’interview est retransmise sur la TV interne du stade et bien, j’avoue ne pas y aller. Le nec plus ultra c’est la Zone Mixte. Pour aller au bus TOUS les joueurs sans exception doivent y passer… mais cela ne signifie pas pour autant s’y arrêter. A Leipzig dimanche soir, la plupart des Français ont fait mine de ne rien entendre, certains écoutant leur iPod : cause toujours tu m’intéresses. Pour aujourd’hui, l’objectif est assez simple : faire parler quelques Suisses (Muller qui joue à Lyon et le rennais Frei sont les deux seuls que je connaisse un peu quand à Ludo Mangin, il y a une complicité née du fait que nous sommes sorti avec la même fille, si, si c’est vrai ! C’était en Thaïlande l’an dernier, j’ai même un témoin Mister Fafa qui était là-bas avec moi). Seconde mission : connaître l’état d’esprit dans lequel les Togolais vont aborder la rencontre de vendredi.

Les premiers à sortir sont les remplaçant, généralement ils ne disent rien et se contentent de saluer les journalistes qu’ils connaissent bien. Viennent ensuite les titulaires en ordre dispersé. Imaginez les joueurs devant passer dans un couloir en forme de S avec des journalistes de part et d’autre… et bien c’est çà.

Côté Suisse j’ai pas été trop bon. Au début Alexander Frei ne voulait pas me parler en Français. Il m’a sorti des banalités. Par contre, quand je lui ai demandé s’il avait fait ses bagages à Rennes (sous entendu qu’il allait signer dans un autre club), il m’a fait signe que oui… mais ce n’est pas un secret. Patrick Muller m’a impressionné en passant du français à l’allemand comme si de rien était. A la question penses-tu que la France va se qualifier il a répondu que oui. Au moins un qui y croit ;-). Ludo Mangin a été sympa puisque suis bien resté 3 mn avec lui (ce qui est beaucoup en zone mixte)… on n'a pas trop parlé de foot en fait. Lui ai donné RDV à Hanovre contre l’Espagne le 27 juin pour un 8ème de finale. Espérons que les Suisses ne referont pas comme en 94 où ils avaient atteint les demi-finales.


Côté africain, l’ambiance reste étrange. Le problème des primes étant sur le point d’être réglé (130 000 €), les joueurs veulent tous jouer vendredi et pourquoi pas éliminer les Bleus. J’ai posé plusieurs fois la questions à des joueurs officiant dans notre championnat national : le Togo peut-il éliminer la France ? Ils semblent partagés entre le désir de ne pas rentrer au pays avec 3 défaites dans les valises et l’envie de faire quelque chose devant les cousins français. Tous promettent de jouer le jeu. L’entraineur annonce de nombreux changements. On verra bien. Ce qui était drôle c’est que généralement ce sont toujours les mêmes questions qui sont posées et les joueurs y répondent autant de fois qu’elles sont posées. Mieux encore, les radios françaises s’étaient regroupées dans un coin. Tour à tour c’est le reporter de RFI, RMC ou d’Europe 1 qui mène l’interview… les autres ne faisant qu’approcher le micro ce qui fait qu’au final vous avez certainement les mêmes déclarations sur les ondes. Je ne suis resté qu’une demi-heure car je ne voulais pas rentrer trop tard. Il faut dire que mardi, un certain Suède – Angleterre me fait déjà rêver. Je crois que c’est la rencontre que je raterai pour rien… mais çà vous le comprendrez demain. The show will go on !

Etait-ce la der de Zizou ?

La scène se déroule à la 91e minute de France-Corée.
Zizou jete un regard froid, de ses yeux perçants, au sélectionneur Raymond Domenech et balance son bracelet anti-sueur tricolore par terre.
Si les Bleus ne se qualifient pas pour les 8e de finale, vendredi à Cologne, Zidane aura vécu la fin de carrière la plus étrange et la plus triste qui soit. Une sortie incompréhensible.
Il fallait voir les Bleus sortir du terrain au coup de sifflet final pour comprendre l'étendue des dégâts. Immenses. Le sélectionneur planté sur la pelouse regardait les joueurs sortir. Pas un ne le regardait. Raymond donne l'impression de ne plus maîtriser les évènements.
Dans la zone mixte, rares ont été les joueurs a être assez courageux pour affronter une presse qu'ils haissent tant. Ainsi Thuram a simplement espéré que ça ne sera pas son dernier match. Vendredi Zizou fêtera donc ses 34 ans sur le banc. D'ici là il se souviendra de sa suspension en 1998 avec la fin que l'on connait.

Sunday, June 18, 2006

La leçon coréenne

Une fois n’est pas coutume les supporters de la Corée du Sud ont donné la leçon à leur homologues français. Dans le centre ville, l’ambiance était tout juste correcte. J’ai peut-être compris pourquoi jusqu’ici j’avais l’impression de voir autant de supporters étrangers… lorsque j’ai croisé des dizaines de supporters de l’Equipe de France parlant allemand. Et oui c’était donc çà les allemands jouent aux caméléons et viennent assister aux match vêtu des couleurs de l’équipe qu’ils supportent. Pire encore, avant le match, je me suis rendu dans la tribune asiatique et j’ai pu constaté que de nombreux enfants étaient présents, les femmes en quasi parité avec les hommes : un exemple à suivre. Décidemment la fièvre du mondial 2002 n’est toujours pas retombée.





Quand Franck Leboeuf se lache . . .


A la sortie du match, je croise Franck Leboeuf qui vient tout juste de finir de commenter la rencontre sur M6. Décontracté, l’ancien bleu (champion du monde en 98, champion d’Europe en 2000 et hélas du fiasco de 2002 en Corée) s’attarde quelques minutes. Nous échangeons quelques banalités puis on file à la cafétéria du centre de presse pour se poser un peu.
Surprise : notre retraité boit de la bière et il fume. J’ai été étonné par ses prises de paroles dans L’Equipe de jeudi. Il avait alors bien taclé certains de ses coéquipiers. En privé c’est encore pire. Il évoque l’existence de clans comme par le passé, ce que nie Domenech. Il parle d’eux avec distance et dédain. Lui qui 4 ans plus tôt était encore sur le terrain semble étonné lorsque je lui dit que la veille Willy Sagnol a adressé un «qu’ils ferment leurs gueules» en direction de ceux qui critiquent l’Equipe de France (médias ou anciens). Il n’est pas surpris par le franc parler de son ancien partenaire en défense mais plus par l’ambiance de règlement de compte. J’ai cru comprendre qu’il a été un peu rappelé à l’ordre par un ancien de 98 (Deschamps ou Desailly). Là encore ce ne sont que des suppositions mais, il serait en contact assez régulier avec un ou plusieurs joueurs actuels puisqu’il fait des allusions à la vie de château : l’ennui des joueurs, les tensions …. mais aussi et surtout cette envie de réussir. J’ai cru comprendre que certains cadres des bleus qui pourtant ne lisent pas la presse ont été touchés dans leur amour propre par les critiques depuis la rencontre contre la Suisse. Ils veulent répondre dimanche en atomisant la Corée demi-finaliste de la dernière édition… Personnellement je me contenterai du strict minimum. Pour conclure, Leboeuf s’est donc montré assez confiant pour le reste du premier tour. Espérons juste qu’il ait raison.