Je vous vois déjà en train de vous demander ce que je vais bien pouvoir vous raconter au sujet de la fameuse zone mixte. Tout simplement son fonctionnement, ses codes, us et coutumes. A l’occasion de ce Suisse – Togo, j’ai rangé l’appareil photo pour prêter main forte à mes collègues de But ! qui s’étaient couchés à 4 h du matin à Leipzig. Il était donc prévu que je prenne le relais en allant "superviser" les éperviers africains face à la Suisse.

Qui eut cru que ce Suisse - Togo ressemblerait à une finale de coupe du monde ? Dans un stade de Dortmund où j’ai vu il y a quelques jours s’affronter l’Allemagne et la Pologne, les Helvètes ont fait encore plus fort. Un raz de marée rouge, mieux qu’à la maison puisque la Suisse ne dispose pas de stade aussi grand que celui-ci (65 000 places). Pourtant au départ je n'étais pas très motivé à l’idée de me lever à 9h, faire encore 3 h de train pour une telle affiche. Mais au final je ne suis pas déçu, si on met de côté la pluie et l’humidité.

Çà m’a fait tout drôle, je suis allé faire un tour dans la tribune helvète à la mi temps car l’ambiance y était explosive. J’avoue ne pas avoir trop compris leurs chants : « hop hop schweiz » ou « Allez la suisse » étant les seuls que j’ai pu retenir. Sur le 2nd but, j’ai bien cru devenir sourd entre les cornes de brumes, les cloches des vaches (si, si), les sifflets… un vacarme. A la fin de la rencontre, les Suisses se sont offert un tour d’honneur. Et oui pour eux battre le Togo c’est un peu comme gagner la coupe du monde. Je plaisante bien sûr car je connais une petite Suisse qui va me tuer si je continue ainsi, n’est ce pas Anna ? Fin de la récréation, back to work.

A la fin du match, la Fifa a scénarisé toute la communication. Ainsi, l’entraineur s’exprime devant la caméra du diffuseur national puis répond à quelques questions des radios détentrices de droits (c’est TF1/M6/C+ & RMC en France). Après un passage dans les vestiaires, l’entraineur arrive en salle de presse pour répondre aux questions d’une cinquantaine de journalistes triés sur le volet. La conférence s’adresse principalement à la presse écrire. Elle dure entre 5 et 8 minutes pendant lesquelles le coach répond à une dizaine de questions. N’importe qui a le droit de s’exprimer, il suffit de se présenter puis de parler en anglais, français, allemand ou espagnol… le tout étant traduit. En réalité s’est un peu nul et comme l’interview est retransmise sur la TV interne du stade et bien, j’avoue ne pas y aller. Le nec plus ultra c’est la Zone Mixte. Pour aller au bus TOUS les joueurs sans exception doivent y passer… mais cela ne signifie pas pour autant s’y arrêter. A Leipzig dimanche soir, la plupart des Français ont fait mine de ne rien entendre, certains écoutant leur iPod : cause toujours tu m’intéresses. Pour aujourd’hui, l’objectif est assez simple : faire parler quelques Suisses (Muller qui joue à Lyon et le rennais Frei sont les deux seuls que je connaisse un peu quand à Ludo Mangin, il y a une complicité née du fait que nous sommes sorti avec la même fille, si, si c’est vrai ! C’était en Thaïlande l’an dernier, j’ai même un témoin Mister Fafa qui était là-bas avec moi). Seconde mission : connaître l’état d’esprit dans lequel les Togolais vont aborder la rencontre de vendredi.
Les premiers à sortir sont les remplaçant, généralement ils ne disent rien et se contentent de saluer les journalistes qu’ils connaissent bien. Viennent ensuite les titulaires en ordre dispersé. Imaginez les joueurs devant passer dans un couloir en forme de S avec des journalistes de part et d’autre… et bien c’est çà.
Côté Suisse j’ai pas été trop bon. Au début Alexander Frei ne voulait pas me parler en Français. Il m’a sorti des banalités. Par contre, quand je lui ai demandé s’il avait fait ses bagages à Rennes (sous entendu qu’il allait signer dans un autre club), il m’a fait signe que oui… mais ce n’est pas un secret. Patrick Muller m’a impressionné en passant du français à l’allemand comme si de rien était. A la question penses-tu que la France va se qualifier il a répondu que oui. Au moins un qui y croit ;-). Ludo Mangin a été sympa puisque suis bien resté 3 mn avec lui (ce qui est beaucoup en zone mixte)… on n'a pas trop parlé de foot en fait. Lui ai donné RDV à Hanovre contre l’Espagne le 27 juin pour un 8ème de finale. Espérons que les Suisses ne referont pas comme en 94 où ils avaient atteint les demi-finales.

Côté africain, l’ambiance reste étrange. Le problème des primes étant sur le point d’être réglé (130 000 €), les joueurs veulent tous jouer vendredi et pourquoi pas éliminer les Bleus. J’ai posé plusieurs fois la questions à des joueurs officiant dans notre championnat national : le Togo peut-il éliminer la France ? Ils semblent partagés entre le désir de ne pas rentrer au pays avec 3 défaites dans les valises et l’envie de faire quelque chose devant les cousins français. Tous promettent de jouer le jeu. L’entraineur annonce de nombreux changements. On verra bien. Ce qui était drôle c’est que généralement ce sont toujours les mêmes questions qui sont posées et les joueurs y répondent autant de fois qu’elles sont posées. Mieux encore, les radios françaises s’étaient regroupées dans un coin. Tour à tour c’est le reporter de RFI, RMC ou d’Europe 1 qui mène l’interview… les autres ne faisant qu’approcher le micro ce qui fait qu’au final vous avez certainement les mêmes déclarations sur les ondes. Je ne suis resté qu’une demi-heure car je ne voulais pas rentrer trop tard. Il faut dire que mardi, un certain Suède – Angleterre me fait déjà rêver. Je crois que c’est la rencontre que je raterai pour rien… mais çà vous le comprendrez demain.
The show will go on !